Sériciculture : l’élevage du ver à soie, étape par étape
Élevage du ver à soie destiné à produire des cocons. Le cycle dure environ vingt-huit jours, de l’éclosion à la formation du cocon, et suppose une plantation de mûriers blancs à proximité immédiate.
La sériciculture est l’activité agricole qui précède toute la filière : sans cocons, pas de fil, et la qualité du fil se décide en grande partie à ce stade.
Vingt-huit jours
Une chenille de Bombyx mori sort de l’œuf longue de deux à trois millimètres. Elle passe par cinq stades larvaires séparés par des mues, et grandit d’un facteur d’environ dix mille en masse. Pendant les derniers jours, elle mange presque continûment — c’est la période qui détermine la quantité de soie qu’elle pourra produire.
Puis elle file son cocon : une glande séricigène expulse deux filaments de fibroïne, enrobés d’une colle protéique appelée séricine, qu’elle dépose en un huit répété pendant deux à trois jours.
Pourquoi les mûriers sont sur place
Une feuille de mûrier flétrie ne convient pas. L’élevage doit donc être adossé à sa propre plantation, ce qui explique la géographie de la filière : la sériciculture reste concentrée là où le mûrier blanc pousse bien et où la main-d’œuvre agricole est disponible — Chine, Inde, Brésil, et, à une échelle bien plus modeste, quelques exploitations européennes.
L’étape qui décide du grade
Le cocon terminé, il faut l’ouvrir. Si le papillon émerge, il perce le cocon et rompt le filament en centaines de fragments — utilisables seulement en bourrette. Le dévidage en filament continu suppose donc de traiter le cocon avant l’émergence, généralement à la vapeur ou à l’air chaud.
C’est le point sur lequel la filière est régulièrement interpellée, et il mérite d’être dit clairement plutôt que contourné : la soie filament suppose que la chrysalide ne sorte pas du cocon. Les soies dites « paix » ou ahimsa, obtenues après émergence, existent, et donnent par construction un fil de fibres courtes.
Le soin apporté au dévidage — température, vitesse, tri des cocons — détermine ensuite la régularité du fil, c’est-à-dire son grade.