Perte insensible en eau : l’évaporation continue de la peau
Quantité d’eau qui s’évapore en permanence à travers l’épiderme, indépendamment de la transpiration. Mesurée en grammes par mètre carré et par heure, elle sert d’indicateur de l’état de la barrière cutanée.
Souvent abrégée TEWL, de l’anglais transepidermal water loss, cette mesure est l’un des rares indicateurs objectifs de l’état de la couche cornée.
Un flux permanent
La peau n’est pas étanche. De l’eau traverse en continu la couche cornée et s’évapore à sa surface, sans transpiration et sans sensation — d’où « insensible ». Le débit dépend de l’intégrité de la barrière cutanée : plus elle est altérée, plus le flux augmente.
C’est ce qui en fait un indicateur. Un épiderme sain laisse échapper peu ; un épiderme abîmé, irrité ou décapé laisse échapper davantage.
Le cycle nocturne
Ce flux n’est pas constant sur vingt-quatre heures. Il augmente en soirée et pendant la nuit, avec un maximum situé selon les études au milieu de la nuit, tandis que la température cutanée s’élève et que la barrière devient plus perméable.
Deux conséquences pratiques :
- La nuit est la période où la peau perd le plus d’eau, et donc celle où un soin occlusif ou humectant a le plus de sens.
- C’est aussi la période où ce qui est appliqué sur la peau la traverse le plus facilement.
Ce que le textile a à voir avec ça
Un tissu en contact prolongé avec le visage intervient à un endroit précis : il peut capter une partie de ce qui se trouve à la surface de la peau. Un coton, fait de fibres courtes et hydrophiles, absorbe l’eau et les corps gras avec lesquels il est en contact. Une soie, dont la surface est lisse et l’absorption plus faible, en capte moins.
Ce n’est pas une action cosmétique du textile — il n’apporte rien, ne pénètre nulle part, et ne modifie pas la barrière cutanée. Il en retire simplement moins que le tissu d’à côté.