Rythme circadien : l’horloge interne de vingt-quatre heures
Cycle biologique d’une durée proche de vingt-quatre heures qui règle l’alternance veille-sommeil, la température corporelle et plusieurs sécrétions hormonales. Il est piloté par un noyau de l’hypothalamus et resynchronisé chaque jour par la lumière.
L’horloge interne tourne même sans repère extérieur : placée à l’isolement, une personne conserve un cycle veille-sommeil régulier. Mais ce cycle ne fait pas exactement vingt-quatre heures — il dérive, en général de quelques dizaines de minutes par jour.
Le remise à l’heure quotidienne
L’écart doit donc être corrigé chaque jour. Le correcteur principal est la lumière, détectée non pas par les cellules de la vision mais par des cellules ganglionnaires rétiniennes spécialisées, qui contiennent un pigment appelé mélanopsine et projettent directement vers le noyau suprachiasmatique de l’hypothalamus.
Ces cellules ne servent pas à voir. Elles servent à dire au cerveau s’il fait jour.
Pourquoi l’heure de la lumière compte plus que sa quantité
La même exposition lumineuse n’a pas le même effet selon le moment où elle survient — c’est ce que décrivent les courbes dites de réponse de phase. Schématiquement :
- Le matin, la lumière avance l’horloge : on s’endort plus tôt le soir suivant.
- En soirée et en début de nuit, elle la retarde : l’endormissement est repoussé.
Un éclairage nocturne, même modeste, tombe donc au pire moment possible. C’est le mécanisme par lequel un lampadaire de rue ou un écran tardif décalent un horaire de sommeil, indépendamment de la fatigue accumulée.
La place de l’obscurité
Bloquer la lumière pendant la nuit ne « produit » rien et ne traite rien. Cela retire simplement un signal qui, à cette heure-là, dit au système horaire qu’il fait encore jour. C’est une action mécanique, et c’est la seule qu’un masque de nuit exerce.