Microfibre : une finesse de fil, pas une matière noble
Fibre synthétique dont le titre est inférieur à un décitex, soit environ un cinquième de l’épaisseur d’un cheveu. Le terme décrit une finesse de filament et n’indique aucune matière : les microfibres textiles sont en polyester ou en polyamide.
C’est le mot qu’on rencontre sur les taies vendues comme alternative économique à la soie. Il décrit une performance de filature, et rien de plus.
Ce que le mot mesure
Le titre d’une fibre s’exprime en décitex : la masse en grammes de dix mille mètres de fil. En dessous d’un décitex, on parle de microfibre. À titre de comparaison, un cheveu humain se situe autour de vingt décitex.
Cette finesse permet un tissu très dense, doux au toucher et bon marché à produire. Elle est obtenue par extrusion — donc uniquement sur des polymères, en pratique le polyester et le polyamide.
Les deux propriétés qui ne suivent pas
Le toucher d’une microfibre peut être excellent. Deux comportements, en revanche, tiennent au polymère et pas à la finesse :
- L’hygroscopie. Le polyester est hydrophobe : il n’absorbe presque pas d’eau et la laisse en surface. Sur un visage qui perd de l’eau toute la nuit — voir la perte insensible en eau —, l’humidité stagne au contact.
- La conduction thermique. Une microfibre dense fait barrière et renvoie la chaleur du corps. C’est apprécié en hiver, beaucoup moins sur un visage en juillet.
La confusion à éviter
« Microfibre de soie » n’existe pas. La soie est un filament naturel dont la finesse est fixée par l’animal, autour de 1,2 décitex pour un brin de bave — la fibre naturelle la plus fine en usage textile, mais non extrudée et non ajustable.
Une fiche qui associe les deux mots décrit soit un mélange, soit rien.