Mélatonine : l’hormone qui signale la nuit
Hormone sécrétée par la glande pinéale pendant la phase d’obscurité du cycle quotidien. Elle ne déclenche pas le sommeil à proprement parler : elle informe l’organisme qu’il fait nuit, et cette information favorise l’endormissement.
On l’appelle couramment « hormone du sommeil », ce qui est une simplification trompeuse. La mélatonine n’endort pas ; elle date.
Un signal, pas un sédatif
Sa sécrétion par la glande pinéale commence en fin de journée, atteint son maximum au milieu de la nuit, et s’effondre au petit matin. Ce profil ne pilote pas directement l’endormissement — il indique aux différents systèmes de l’organisme, qui possèdent chacun leur propre horlogerie, à quel moment du cycle on se trouve.
C’est la distinction avec un somnifère : une molécule sédative agit sur l’éveil, la mélatonine agit sur la datation. C’est aussi pourquoi elle est employée dans les décalages horaires, où le problème est un horaire faux plutôt qu’un déficit de sommeil.
La sécrétion date la nuit. Une lumière reçue au creux de la nuit la supprime, quelle que soit la fatigue accumulée.
L’inhibition par la lumière
La sécrétion est directement suppressible par la lumière, via le trajet rétine — noyau suprachiasmatique — glande pinéale. L’inhibition dépend de trois facteurs : l’intensité, la durée, et surtout la longueur d’onde, les courtes longueurs d’onde étant les plus efficaces à cet égard.
Les seuils varient beaucoup d’une personne à l’autre, et les études les situent à des niveaux d’éclairement bien plus bas qu’on ne l’imaginait : quelques dizaines de lux suffisent à réduire la sécrétion chez une partie des sujets — l’ordre de grandeur d’une lampe de chevet, ou d’un lampadaire filtrant à travers un rideau.
Ce qu’un masque fait, et ne fait pas
Un masque de nuit bloque la lumière. Il ne produit pas de mélatonine, n’en augmente pas la sécrétion par une action propre, et ne remplace aucun traitement. Il retire un signal lumineux qui, s’il était perçu, agirait à l’encontre de la phase nocturne.
C’est peu, et c’est mécaniquement clair — ce qui vaut mieux qu’une promesse hormonale invérifiable.