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Ce texte est publié par Olesik, marque du masque de nuit dont il est question à la fin de l’article.

19, 22 ou 25 momme : ce que ce chiffre veut dire

Temps de lecture : 4 minutes · Publié le 9 août 2026 · Par Camille, fondatrice d’Olesik

Sur une fiche produit sérieuse de soie, un chiffre revient : 19 momme, 22 momme, parfois 25. Sur les autres, il n’y a rien — et cette absence est déjà une information.

Le momme est la seule unité qui permette de comparer deux soies entre elles autrement qu’au toucher. Elle mérite dix minutes d’explication, parce qu’elle est mal comprise et souvent mal employée.

Une unité qui vient d’ailleurs

Le momme — prononcé « mommé », souvent abrégé « mm », ce qui n’aide pas — est une unité japonaise de masse surfacique, héritée du commerce traditionnel de la soie.

Sa définition d’origine est déroutante pour un esprit métrique : un momme correspond au poids, en livres, d’une pièce de tissu de 45 pouces de large sur 100 yards de long. Autrement dit, une soie de 22 momme est une soie dont une pièce de ces dimensions pèserait 22 livres.

La conversion utile est celle-ci :

1 momme ≈ 4,34 grammes par mètre carré.

Ce qui donne, pour les trois valeurs qu’on rencontre :

Densité Masse surfacique Usage courant
16 momme ≈ 69 g/m² Doublures, foulards légers
19 momme ≈ 82 g/m² Taies d’entrée de gamme, chemisiers
22 momme ≈ 95 g/m² Taies et masques de qualité
25 momme ≈ 108 g/m² Draps, articles de literie épais

Quatre barres de longueur croissante représentant 16, 19, 22 et 25 momme convertis en grammes par mètre carré, avec l’usage courant de chaque densité.

Le momme est une masse par unité de surface. Vingt-deux est le point où le tissu tient sans devenir raide.

Ce que le momme dit, et ce qu’il ne dit pas

Le momme mesure une masse pour une surface donnée. Rien d’autre. À maillage identique, une soie plus lourde est une soie plus dense — donc plus opaque, plus résistante à la traction, et qui tombe différemment.

Ce qu’il ne dit pas, en revanche :

Un vendeur qui annonce un momme sans jamais parler de rien d’autre a communiqué un chiffre, pas une garantie. Un vendeur qui n’annonce aucun momme, lui, n’a rien communiqué du tout.

Pourquoi en dessous de 19 la soie se déforme

Sous 19 momme, deux phénomènes apparaissent, et ils se combinent.

Le tissu manque de matière pour reprendre sa forme. Une soie très légère se déforme sous une contrainte modeste et ne revient pas complètement. Sur un article lavé régulièrement et porté toutes les nuits, cette déformation s’accumule : un masque à 16 momme se détend en quelques mois.

La transparence augmente. Sur un masque de nuit, c’est rédhibitoire : une soie légère laisse passer la lumière. On compense alors par une doublure, et l’économie de matière disparaît.

C’est pourquoi 19 momme est en pratique le plancher pour un article de literie destiné à durer, et pourquoi les articles à 12 € qui revendiquent « la soie » évitent soigneusement le sujet.

Pourquoi au-dessus de 25 ce n’est plus un avantage

L’intuition voudrait que plus lourd soit toujours mieux. C’est faux dès qu’il s’agit d’un objet qui doit épouser un relief.

Une soie de 25 momme et plus gagne en tenue, en opacité et en durabilité. Elle perd en drapé : elle devient plus rigide, plus proche d’une popeline, et elle cesse de suivre les courbes d’un visage. Sur un drap, où la fonction est de couvrir une surface plane, cette rigidité est un atout. Sur une taie où l’on pose une joue, ou sur un masque qui doit se conformer à une pommette, c’est une perte nette.

À cela s’ajoute le coût : le prix d’une soie suit sa masse presque linéairement. Passer de 22 à 25 momme, c’est payer 14 % de matière en plus pour un bénéfice qui, sur ces deux objets, n’existe pas.

Ce que nous avons choisi, et pourquoi

Nos deux articles sont en soie de mûrier 22 momme, intérieur et extérieur. Ce dernier point compte autant que le chiffre : un masque dont seule la face externe est en soie ne change rien pour la peau, puisque c’est la doublure qui touche.

22 momme est le point où le tissu tient dans le temps sans devenir raide. C’est la même logique qui nous a fait retenir cette densité sur la taie d’oreiller, où le drapé décide de la façon dont le tissu plisse — ou ne plisse pas — sous le poids d’une tête.

Comment vérifier un momme annoncé

Vous n’avez pas de laboratoire, mais vous avez une balance de cuisine.

Le momme étant une masse surfacique, il suffit de connaître la surface et le poids. Sur une taie de 50 × 70 cm à double face, la surface de tissu est d’environ 0,70 m² une fois les deux faces comptées, plus les coutures et le rabat. Une soie 22 momme donne alors un poids de l’ordre de 70 à 80 grammes pour l’article complet.

Ce n’est pas une mesure de précision, et ce n’est pas le but. Un écart de 10 % ne prouve rien ; un poids deux fois inférieur à l’attendu, si.

Les questions qu’on nous pose

Le momme mesure-t-il la qualité de la soie ?
Non, il mesure une masse par unité de surface. Une soie de 25 momme mal filée sera moins agréable qu’une soie de 22 momme bien faite. Le momme dit l’épaisseur, le grade de la soie dit la régularité du fil : ce sont deux informations différentes, et il faut les deux.
Combien de grammes par mètre carré fait un momme ?
Environ 4,34 g/m². Une soie de 22 momme pèse donc à peu près 95 g/m², contre 82 g/m² pour du 19 momme et 108 g/m² pour du 25 momme.
Pourquoi 22 momme plutôt que 25 ?
Au-delà de 25 momme, la soie gagne en tenue mais perd le drapé qui lui permet d’épouser un visage. Sur une taie ou un masque, cette rigidité se paie sans contrepartie. Le 25 momme trouve son intérêt sur des draps, où la tenue compte davantage.

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